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Pandémie...quand tu reviens

Aussi loin que remonte la connaissance des civilisations, l'histoire des épidémies se confond avec celle des hommes. Ces épidémies des temps anciens, indifféremment nommées "pestes", maladie de l'épouvante, ont longtemps été perçues comme des signes de malédiction divine, châtiments envoyés par Dieu aux hommes impies. Voyons les  ravages les plus connus pendant les seuls huit derniers siècles.

Existant sans doute de tout temps, la peste noire revient en occident à  la fin du Moyen Age, faisant, nous dit-on, en trois ans, de 1348 à 1351, 25 millions de morts.

 Conjuguée avec les méfaits des conflits, des gens de guerre et des disettes qui en découlent, pendant le siècle suivant que dura la guerre de cent ans, on estime que la peste réduisit la population française de 20 à 22 millions d'âmes à 10 à 12 millions en 1453.

L'isolement de plus en plus strict en  lequel on confina les villes et les provinces en cas d'infection, rien de nouveau sous le soleil.  Les progrès de la médecine et l'organisation de l'hôpital général reléguèrent au fil du temps la crainte de la peste dans des souvenirs vivaces et effrayants.

D'autres fléaux, au cours des siècles, comme la dysentrie ou le thyphus, furent aussi redoutables. C'est par exemple, de la dysentrie, et non de la peste que mourut Saint Louis en 1270, sous les murs de Tunis. Maladie mortelle, la dysentrie est malgré tout intervenue de façon heureuse dans notre histoire : le 20 septembre 1792, le général Dumouriez remporte la célèbre victoire de Valmy sur une armée prussienne frappée depuis plusieurs semaines par ce mal et qui avait aggravé son état en mangeant des raisins verts en entrant sur le sol français.

Dans le défilé des épidémies attaquant par intermitance, un nouveau mal touche l'Europe en 1831, dont les français entendent parler pour la première fois : le choléra. A Paris, on ne s'inquiète pas et la maladie est prise en dérision. Mais lorsque celle-ci déferle, venant des Royaumes Unis, aucun traitement n'existe  et transporter les malades à l'hôpital au lieu de les isoler contribue à propoger l'épidémie. 60 à 80 % des malades meurent. Le ministre Casimir Perrier en décède en 1832. Rien qu'en cette année-là, on évalue à un million le nombre de morts en Europe. L'épidémie se calme d'elle-même puis revient à plusieurs reprises jusqu'en 1867.

Sainte Bernadette Soubirou, enfant, en sera atteinte. Elle survivra mais elle en portera les séquellles toute sa courte vie.

La lèpre, la peste, la tuberculose, la variole, la suette, la syphilis, la rage, les grippes espagnoles ou asiatiques, les terribles épidémies africaines contemporaines et la liste n'est pas exhaustive, tous ces malheurs et leurs cortèges d'hécatombes jalonnent  notre histoire. Et le Covid 19 qui nous touche aujourd'hui ne sera pas la dernière pandémie à s'abattre sur notre humanité incrédule, surprise et impuissante.

La science, la médecine, les hôpitaux, la protection sociale contribueront au vaincront sans doute ces maux, mais avec un  temps de retard.

Depuis des semianes de confinement, les informations, les fausses nouvelles, les commentaires distillés par les médias nous étouffent et entretiennent peurs, inquiétudes et septicisme. Heureusement, si l'on constate quelques égoïsmes exacerbés et détestables, s'expriment surtout des solidarités et des dévouements admirables qui redonnent confiance en l'avenir et en l'homme. Merci à eux...

PC


Date de dernière mise à jour : 30/04/2020

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